Julia March

Protéger son identité sur internet.

Comme la plupart des blogueurs de mon âge, l’essentiel de mon activité à toujours été hébergé en ligne, depuis mes 13-14 ans, malgré des occupations diverses et variées IRL. La publication de mon livre en format papier représente l’irruption d’une partie de mon travail vers l’IRL, mais également la perte du privilège de l’anonymat sous ce nom.

Le monde change, Internet aussi

Ce qui a commencé comme une activité de blogging intense à l’adolescence, s’est progressivement transformée en construction et développement de sites, d’espaces et de refuges divers dans les méandres du web. Il me fallait m’émanciper des plateformes de blogging, construire les miennes, afin d’obtenir l’indépendance éditoriale totale. En 2021, Internet est gentrifié, légiféré et censuré, du moins sur les plateformes offrant le plus de visibilité. Le problème n’est pas la censure (qui a toujours existé, à travers la modération) mais plutôt qui détient le monopole et décide arbitrairement d’autoriser l’accès à des services / espaces en ligne.

De plus, le chiffrement a disparu au profit de l’exploitation des données d’utilisateurs : il y aura toujours quelqu’un, à l’autre bout du fil, qui pourra relier votre identité civile à votre activité d’internaute. Cela présente de multiples dangers, pour les personnes les plus exposées à des représailles IRL : militants politiques, TDS, personnalités publiques, adultes et mineurs LGBT, et j’en passe.

Des outils pour protéger sa vie privée et son identité

Protéger son identité et sa vie privée est toujours possible, à condition de connaître et de maîtriser certains outils. Pour les personnes citées précédemment, il en va de leur sécurité et parfois, de leur survie. Cependant, l’utilisateur lambda, qui n’a « rien à cacher », peut tirer profit de ces outils. Je ne passerai pas mon temps à vous convaincre, à expliquer le pourquoi du comment, je me contente de partager ces outils, à disposition d’adultes responsables et capables de prendre leurs propres décisions.

1) Le projet wiquaya

Adressées aux personnes queers, pour protéger sa vie privée, mais pas que. Le site fournit des fiches explicatives très pédagogiques, simples, avec des liens pour télécharger des extensions et différents outils qui vous simplifieront là tâche. Des cas pratiques sont également présentés pour vous permettre d’identifier de bonnes pratiques à mettre place, en fonction de votre situation.

2) La version 14.5 d’iOS

Pour les utilisateurs d’iPhone, la version 14.5 vous permet de désactiver le suivi des applis. Cela constitue une révolution, qui a mis très en colère ce psychopathe de Mark Zuckerberg, mais qui ne fait pas l’objet de ce billet. Pour résumer, je dirai que vous avez tout intérêt à ne pas autoriser une start-up, probablement dirigée par un CEO mégalomane, à suivre l’activité de votre appareil. Si vous avez un iPhone, vous vivez probablement avec un seul rein dorénavant, donc autant en avoir pour son argent.

Suivez tout simplement cette procédure, après avoir installé la mise à jour : Réglages > Confidentialité > Suivi > Décochez « Autoriser les demandes de suivi des apps ».

Perspectives personnelles et virtuelles

Voilà un bon moment que je suis en pause professionnelle virtuelle. Je n’ai pas produit grand-chose en tant que Julia March, depuis 2017, et pour être honnête, j’apprécie le calme que cela représente.

Je ne suis pas disponible pour des commandes professionnelles, je profite de ce (long) temps de pause pour faire ce qu’il me chante, sans devoir rendre de comptes à qui que ce soit, sans délais, sans cahier des charges. Ce blog hébergera du compte rendu d’applications que j’utilise dans mon quotidien, de ma propre initiative et en toute honnêteté.

Au programme, sur ce blog :

  • La gym cérébrale : comment j’ai vaincu ma frayeur des mathématiques.
  • Le tchat et les paiements à travers le Lightning Network : s’émanciper des interfaces classiques pour fuir le pourriel / spam, mais aussi échapper à l’inflation des monnaies officielles.
  • Les certifications Google : L’acquisition de compétences pratiques et immédiatement applicables dans le monde professionnel, sans diplômes préalables exigés.
  • Le grand boum de la cryptomonnaie : des pratiques pour se prémunir des arnaques, ainsi qu’une liste d’écueils à éviter.

Pas de calendrier éditorial, pas de dates de publications précises, je ne suis au service que de moi-même 🙂

On writing, money, and other frivolities.

web, writing, editorial webmaster, autism

Julia March completed her first book La fille pas sympa in just nine months. “A piece of cake”, as she describes it compared to her Master’s thesis. In our interview, Julia explains why she recommends enrolling in humanities to anyone who considers a career around writing.

I got interviewed by Lisa from Ulysses, my writing tool, and now I’m probably famous. We talked about writing, learning, web-mastering, my useless assistants, money, neurodiversity, and other sins.

Pourquoi vous devriez bannir le pop-up

Depuis quelque temps, vous avez dû remarquer l’émergence de petites bulles de conversation, en bas de votre écran, quand vous naviguez sur un site. Parfois, le pop up se lance, sans que vous n’ayez rien demandé, pour vous demander si vous avez besoin « d’aide ». La plupart des sites marchands vous proposent d’installer ce type d’extensions, vous promettant une augmentation des ventes et une prospection plus précise selon les besoins de vos clients. On trouve de nombreuses fonctionnalités en fonction des extensions ou des applications proposées, avec certaines offres gratuites et d’autres payantes. C’est là que l’on est tenté de mettre en place des processus qui peuvent se révéler complètement contreproductifs, sans s’en rendre compte.

Comme toujours, avec nos joujoux technologiques, le problème ne réside pas forcément dans l’outil mais dans l’usage que l’on en fait. Donner l’opportunité aux visiteurs de votre site de converser directement avec vous est une excellente idée, surtout si vous proposez des services ou des produits qui doivent prendre en compte des besoins individuels très différents pour chaque client potentiel. La bulle de tchat s’avère cependant un peu hors-sujet pour des ventes que vous réaliseriez avec ou sans conversation en ligne : si votre produit est de qualité et que vous avez soigné votre communication, la personne souhaitant l’acheter le fera, avec ou sans pop-up. Un pop-up peut s’avérer dissuasif pour votre client potentiel, surtout si le tchat s’ouvre alors que le visiteur vient de daigner cliquer sur votre site.

Des gourous du « digital marketing » vous ont peut-être répété à longueur de vidéo Youtube qu’en lançant un pop-up automatiquement, sans qu’aucune manipulation de la part du visiteur soit requise, vous engagez le visiteur dans le fameux tunnel de vente, le « funnel », que c’est une bonne chose à faire. Oui, peut-être. Cependant, l’être humain est bien plus complexe que les manuels de marketing agressif veulent le faire croire et vous risquez de faire fuir plus d’un visiteur qui, sans ce pop-up, aurait cliqué sur le si précieux bouton « Acheter maintenant ».

Prenons un peu de hauteur et regardons à quoi ressemble « l’expérience utilisateur » sur Internet et les réseaux sociaux en 2021. L’explosion du commerce en ligne de ces dernières années a colonisé presque toutes les interfaces qui servaient aux êtres humains à interagir entre eux et à se construire en communauté : il n’y a qu’à voir la déchéance de Facebook, où vous ne pouvez plus dérouler votre fil d’actualités sans contempler des publicités « ciblées » – qui n’en portent que le nom – ainsi que des « informations » aux sources douteuses provenant de pages auxquelles vous ne vous êtes jamais abonné. Depuis le rachat d’Instagram par Zuckerberg, ce réseau est également devenu un vaste centre commercial en ligne, où vous ne verrez plus les photos de chats mignons de vos amis à moins que ceux-ci aient programmé leur publication un mois à l’avance, acheté des crédits publicitaires et aient inséré un bouton vous dirigeant vers un site d’achat de croquettes pour chats mignons. À propos d’Instagram, Christian Chavagneux écrit qu’il va « développer au fil des ans tous les travers de sa maison mère : publicité cachée, foyer de désinformation russe, achat de followers escroqueries, ventes illégales d’opioïdes, source d’anxiété chez les ados qui en ont fait leur réseau social préféré »1.

Résumons : l’expérience en ligne ressemble à un tunnel de vente permanent. Les visiteurs de votre site y arrivent déjà probablement saturés et votre pop-up risque d’être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Vous n’avez pas la main sur les algorithmes créés par des techbros à l’égo surdimensionné qui classent les êtres humains dans des cases telles que « genre – âge – profession » – ayant pour conséquence qu’une femme qui vient de faire une fausse couche se retrouve devant des pubs de test de grossesse complètement à côté de la plaque -, mais vous avez la main sur l’expérience que vous pouvez fournir aux personnes qui visiteront votre site. C’est là que l’intelligence, l’esprit critique et la réflexion doivent entrer en jeu, rien ne doit être négligé, on entre dans le domaine de la psychologie, de l’émotionnel, et peu importe ce que vous dira le gourou en « marketing digital », votre site résonnera différemment chez chacun de vos visiteurs.

Mon parti pris ? Foutez-leur la paix. Laissez le pointeur de la souris explorer, rendez les informations accessibles, mais pas envahissantes. Ayez à disposition une FAQ et un formulaire de contact esthétique, qui peut éventuellement se présenter sous la forme d’une conversation en ligne – j’utilise la version gratuite de Typeform, par exemple, car il est joli et j’aime les jolies choses -, mais résistez à la tentation d’insérer le code afin que le machin se réveille tout seul et vienne interrompre ce qui, jusqu’à ce moment précis, aurait pu être une navigation agréable. Comme le dit si bien le développeur avec qui je travaille : « Je ne sais même pas encore ce qu’on me propose qu’on veut déjà me vendre un truc ».

Les visiteurs de votre site sont des êtres humains, qui peuvent difficilement être rangés dans des catégories, malgré leurs ressemblances. Leur fonctionnement émotionnel et neurologique est unique et là où l’un trouvera votre site plan-plan et partira vite, un autre le trouvera reposant et aura envie d’y rester. Quant à celui qui vient y faire son shopping, ne risquez pas de le faire fuir en le noyant sous les demandes pressantes d’un bot en mal d’attention.

  1. CHAVAGNEUX, Christian, « Instagram ou le capitalisme de l’égo » in Alternatives Économiques, N° 407 décembre 2020, p. 80.

Ulysses : mon ghetto doré.

Depuis quelques mois, j’utilise l’application Ulysses pour rédiger tous mes textes. J’ai souscrit à l’abonnement en me disant que, si je n’étais pas convaincue, je reviendrais à un éditeur de texte classique, à l’ancienne. Mon activité d’auteur et de rédactrice me mène à écrire beaucoup et vite, et j’ai toujours eu du mal à me relire. Les pros de la rédaction le savent : se relire soi-même est un enfer, la rédaction et la correction sont deux tâches qui fonctionnent bien mieux quand elles sont divisées. Cela ne pose pas de problème en tant qu’auteur pour une maison d’édition, puisque celle-ci paye un correcteur pour nous relire, mais quand on doit assurer soi-même cette tâche, c’est une toute autre histoire.
Après avoir utilisé Ulysses pendant trois mois, je n’ai qu’une chose à dire aux créateurs : PRENEZ TOUT MON ARGENT. J’en parlerai peut-être plus longuement sur mon blog, mais je la considère parfaitement adaptée aux rédacteurs du web, avec son système de balisage minimaliste, ainsi qu’aux cyberdocumentalistes, de par son système de mot-clés. Voici la philosophie d’Ulysses, telle qu’énoncée par ses créateurs :

« À notre avis, les rédacteurs ne doivent pas s’ennuyer avec la mise en page. Du moins, le travail de mise en page ne devrait jamais interférer avec le processus de rédaction en soi. Appelez ça comme vous voulez — sans distraction, zen, purement sémantique, mini minimal, néo rétro —, le fait est qu’il vaut mieux séparer la création de contenu de la présentation qui risque sinon d’entraver l’idée. Du moins finira-t-elle par le faire. C’est dans la nature des choses. »

En tant que webmaster éditorial, je prends en compte la mise en page au moment de créer un site et m’amuse beaucoup en expérimentant. En revanche, je conviens que le travail de rédaction peut être parasité par les tableaux de mise en forme, mais c’est un débat intemporel qui fait également rage parmi les développeurs web. C’est bien pour cela que j’apprécie beaucoup la mise en page minimaliste d’Ulysses, qui n’est pas sans rappeler les interfaces des codeurs. On peut se concentrer sur la qualité du contenu, ainsi que sur la cohérence sémantique et syntaxique du texte, pour ensuite passer à des considérations plus frivoles.

Si vous êtes déjà utilisateur d’Apple et êtes amenés à écrire souvent, de par vos études ou votre métier, je ne peux que vous conseiller d’essayer Ulysses. Bon à savoir : les étudiants et enseignants bénéficient, aux dernières nouvelles, d’une réduction considérable. L’abonnement sans réduction commence à 4,17 € par mois et croyez-moi quand je vous dis que ces euros ont été largement rentabilisés. J’écris en ce moment-même ce post depuis l’application, qui va ensuite le publier sur ce site, à l’heure et au jour de mon choix.

N’étant pas un logiciel libre, l’outil ne séduit pas forcément tous les pros. Il n’est disponible que pour les utilisateurs d’Apple, fermé et payant. Terhemis décrit ce système comme un « techno-cocon confortable » qui le « révulse », malgré les fonctions d’Ulysses, qu’il qualifie de « parfaites ». C’est justement l’aspect confortable qui m’a convaincue, dans mon cas, mais si la communauté du logiciel libre parvenait à développer un outil similaire, je me jetterai dessus comme la petite vérole sur le bas clergé. Si le sujet vous intéresse, je vous conseille la lecture de ses péripéties sur son blog.

En tant que rédacteurs geeks, qu’utilisez-vous et pourquoi ? Préférez-vous les éditeurs de textes classiques ? Avez-vous cherché à développer votre propre outil de rédaction ? Vous vautrez-vous déjà honteusement dans votre cage dorée avec Ulysses ?