Journal de bord – Julia March

Julia March

Cool, pas cool, trouvailles #1

J’ai décidé de tenir un journal de bord pro plus régulier, à l’instar de Julie Brillet, histoire de ne pas me noyer dans le « faire » et documenter, prendre du recul et, tout simplement, poser mon cerveau.

Évidemment, dès que je décide d’être régulière sur un blog, je cesse immédiatement de l’être. Apparemment, mon allergie à la contrainte est tenace, j’aurai le temps de me pencher dessus plus longuement sur un quelconque divan, à l’occasion (non, probablement pas).

Ce qui a commencé comme un site tech amateur risque de se transformer en journal de bord professionnel, pour de vrai de vrai, car…

Cool

Je commencerai cet été à travailler dans une startup. Je n’ai pas envie d’en dire plus avant d’y avoir travaillé quelque temps. Le processus de recrutement donnait envie d’y travailler, je me suis sentie comme un poisson dans l’eau (ce qui est rare). C’est Ratzilla qui m’en a parlé et m’a suggéré de les contacter. Effectivement, en faisant quelques recherches, j’ai compris pourquoi.

J’ai commencé à créer mon premier thème WordPress. Enfin, créer. J’ai fait un child theme, quoi. Mais, je me suis bien cassé la tête à le customiser directement dans l’éditeur de code, je n’y comprenais RIEN (comme d’hab), mais suis sortie victorieuse. Figurez-vous que la syntaxe du Javascript est différente quand elle s’insère dans du php. Ou un truc dans le genre. Ben voyons. Toujours à faire son intéressant, lui.

Bien sûr, j’ai commencé à travailler directement sur le thème parent, comme je suis une dégénérée (toutefois je tiens des blogs, pas des sites qui se monétisent à des milliers d’euros par heure, donc ça va). Je dois maintenant passer par des moyens détournés pour importer mes fichiers sur GitHub, ce qui risque d’être drôle. More on that later.

Par ailleurs, j’ai fini la première partie d’une série d’articles autour de l’OpSec pour les développeurs (novices) crypto, qui s’intègrent à des projets en cours ou veulent s’intégrer dans l’écosystème. Parce que, soyons honnêtes, les vétérans sont plus ou moins rodés à la question (je l’espère). Cependant…

Pas cool

… j’ai souvent écrit sur l’OpSec, ces derniers temps, et cela commence à me déprimer. Suivre les technologies de tracking, chose que je fais assidûment depuis deux ans, devient pénible. Cela me blase, mais d’une force.

Je n’ai pas encore écrit la suite de Cauchemar Montagnard, alors que j’en ai envie, mais pas le temps d’avoir le temps.

Les trouvailles

Blacklight, un site qui permet d’inspecter de façon simple les sites qui collectent et transfèrent des données. C’est intuitif et rapide, surtout pour les personnes qui ne savent pas / refusent de s’embêter à apprendre comment inspecter le code source d’un site.

J’ai examiné les miens, on ne sait jamais, un plugin qui part en latte, par exemple, mais tout était clean. Bravo moi.

Changements ?

J’ai deux articles pro en attente et l’éditrice ne me répond pas. J’ai vu sur Twitter que la responsable de comm de la boîte partait, car ça ne lui « convenait plus ».

J’ignore ce qu’il se trame chez Hashnode, puisque je n’y suis pas salariée. Je choisis des sujets ou en propose, les écris, je suis payée et basta. Par ailleurs, ils paient très bien, à tous les niveaux et Ale était même apparue sur un blog tech pour parler d’à quel point c’était un plaisir d’avoir décroché ce boulot.

L’un des avantages d’être auteur freelance, c’est que l’on a pas à subir les changements, restructurations et drames internes au sein d’une start-up. L’inconvénient est que l’on peut se retrouver du jour au lendemain face à une porte close, l’entreprise a disparu et les prestataires ne verront jamais la couleur de l’argent.

Heureusement, des articles tech sur le web3 ou la cybersécurité se recyclent facilement et pourront être proposés ailleurs, si cela venait à arriver. C’est aussi quand j’envisage cette éventualité que je m’aperçois du chemin parcouru, là où le fait qu’une boîte entière disparaisse complètement dans la nature ne me fait même pas hausser un sourcil.

La crypto n’y est pas pour rien : les années passant, j’ai vu d’innombrables DAO et projets tous plus fous que les autres prendre une ampleur gigantesque, pour finir par se casser la gueule et être aussitôt oubliés. C’est l’environnement le plus sauvage, le plus imprévisible et le plus chaotique qu’il m’a été donné à explorer. Bizarrement, c’est celui dans lequel l’autiste psychorigide que je suis a appris à s’épanouir face aux changements constants. Ce n’est pas de l’Agile, à ce stade, c’est un niveau supérieur de Bordel, de Panique et de Memes.

Ce sont aussi des occasions de tester la capacité de résilience d’un environnement, et je peux affirmer que la crypto a la résilience d’un cafard immune aux radiations.

Cela dit, j’aimerais bien savoir si mon éditrice est toujours en vie. Elle est sympa et drôle. Si elle part, je serai bien dégoûtée.

Le mai de tous les dangers

J’ai encore changé le look de mon site. Il aura connu tellement de changements, au fil du temps, qu’il est méconnaissable.

Souvenirs, souvenirs

Mon premier site pro était celui de mon activité de pet sitter et était fait sur Wix (je crois), c’était une immondice que j’aimerais bien retrouver un jour, il est peut-être encore en ligne. Il était entièrement illustré par des animations pixelisées, dont une fleur qui se réveillait et qui vous disait de cliquer sur elle.

Le problème, c’est que je n’avais pas d’idées sur comment appeler ma nouvelle start up prometteuse, et j’ai dû l’appeler « Calinou.com » ou un truc hyper kitsch dans le genre, et que les gens qui croyaient débarquer sur un site de fesses ressortaient très vite déçus. Je tiens à leur présenter mes plus sincères excuses.

De l’eau a coulé sous les ponts et maintenant créer des sites responsive et mobile-friendly est devenu incontournable. Le bon plan, avec WordPress, c’est qu’il y a pléthores de thèmes qui font le travail à notre place dans ce sens.

Mais voilà, j’ai craqué pour celui-ci, le Simplenote de Carla Izumi, qui est complètement dépourvu de toute fonctionnalité en ce sens. J’ai ajouté (de façon chaotique) quelques lignes de CSS ici et là, en priant. Force est de dire que je ne suis pas une front-end développeuse chevronnée (c’est bien pour cela que j’utilise WordPress).

Lassée de WordPress

J’ai eu un moment de lassitude, avec ce CMS. J’ai crée une quantité inquiétante de sites pour une seule personne, et je le trouve lourd, lent. Je me suis dit que je me pencherais sur Hugo, si j’ai le temps.

En 2021, quand j’ai décidé de relooker ce site, je voulais lui donner un look un peu impressionnant, sombre, avec de grandes bannières, des photos léchées et une interface complètement responsive. Mais je me suis vite lassée. Le site était trop profond, je ne l’actualisais pas avec mes nouvelles créations ou publications parce que, justement, il fallait aller fouiller et retrouver la page en question, jongler entre les bannières et ne pas altérer le design dès que je modifiais un élément.

J’ai donc installé et un peu pimpé ce thème. J’avais envie de simplicité, d’aller droit au but, et tant pis pour l’interface mobile. Après tout, ce site a pour but de constituer un archive /cv un peu esthétique, il est donc un peu austère mais il est reposant.

De nouvelles publications à venir

Ce mois-ci, de nouveaux articles vont paraître sur Hashnode. Je trouve ça bien d’écrire professionnellement sur un sujet qui m’emballe. Pour mon dernier article, j’ai donné des conseils en matière de sécurité pour les gens qui utilisent la crypto sur le web3 (comme on l’appelle pompeusement).

Je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que c’était une liste interminable, composée d’actions complexes que peu d’utilisateurs lambda finiraient par maîtriser vraiment. C’est quand même du boulot, la sécurité informatique. D’un autre côté, je pense que plein d’internautes évoluent allègrement et avec insouciance sans se douter de :

  1. Les dangers auxquels ils s’exposent quotidiennement sur l’Internet de la surveillance généralisée
  2. Le fait qu’on finance, simplement de par notre activité en ligne, des grands groupes qui la monétisent.
Les haricots magiques

En parlant de monétisation : la croyance générale est que la crypto est morte après les frasques de Do Kwon. C’est assez marrant de voir les impressions générales venant de gens qui ne sont pas dans ces délires, tout en étant très active dans cet écosystème. Écoutez, la fin temporaire de la spéculation à la hausse est une bonne chose, cela laisse plus de temps pour construire et accumuler certaines denrées numériques.

Pour l’instant, je me contente de continuer d’apprendre et de créer au sein du DAO dans lequel je trempe. Il y a plusieurs projects et outils passionnants que j’ai l’intention d’utiliser et diffuser, si j’arrive à construire des textes intéligibles en français.

Le site de Noam

J’ai connu Noam à travers des amis communs et l’on est très vite devenus proches, de par nos affinités et notre perplexité perpétuelle face à la vie. Depuis quelques années, il pratique différentes techniques de yoga et de massages, domaine qui, pour tout vous dire, ne m’a jamais intéressé. Curieuse, j’ai assisté à ses cours de yoga, j’ai découvert le professeur en lui, sa rigueur, son approche unique et, surtout, sa volonté de rendre accessible des pratiques jugées difficiles. C’est sur ce point que nous nous accordions parfaitement.

Un dilemme autistique

Ce n’est que poussée par le désespoir, cependant, que je me suis échouée sur sa table de massage, après avoir passé une semaine à traîner un mal de dos tenace. Rien n’y faisait. J’étais professeur néo-titulaire à ce moment, avec des heures supplémentaires, un voyage scolaire à gérer pour une classe et d’autres préoccupations professionnelles que le devoir de réserve m’astreint à ne pas divulguer (ce n’est pas très intéressant, de toute façon). Autant dire que ce mal de dos me pourrissait la vie, par-dessus le marché. Je n’ai pas été loin de sortir aux 3e qu’il ne « faut pas commencer à jouer avec mes couilles », pendant cette semaine maudite.

Problème : je suis autiste. Il y a une multitude d’avantages à cela, mais l’un des inconvénients est que je déteste que l’on me touche. Un jour, une collègue adorable m’a touché le bras pour me dire bonjour, j’ai failli exercer mon droit de retrait sur-le-champs.

J’ai bien essayé, les massages. Ma colocataire argentine se formait au massage, quand j’habitais en Espagne et a vainement tenté de m’utiliser comme cobaye. « Comment peux-tu être encore plus tendue qu’avant que je te masse ?! », s’exclamait-elle, exaspérée, alors que ses autres cobayes vantaient ses talents de masseuse. Mais, j’étais moi-même exaspérée, quand j’ai franchi le seuil de Noam en 2018. Je capitulais, qu’on me masse ou qu’on m’ampute le dos, à ce stade, je n’en avais que faire.

Là, quelque chose s’est passé. Je ne saurais pas vous dire ce qu’il a fait, exactement. Je sais seulement qu’il a réussi à détendre tout mon dos et qu’en me relevant, la douleur était partie. Peut-être reviendrait-elle une fois la chaleur du massage estompée ? Que nenni.

La construction d’une réputation

En discutant avec mon entourage, j’ai pu constater que je n’étais pas la seule, que beaucoup de gens présentant les mêmes problématiques liées au contact physique, des handicaps ou des douleurs chroniques, avaient recours à lui. Il pratiquait le prix libre et même le troc, aussi bien pour ses massages que pour ces cours de yoga, ce qui rendait le tout accessible aux personnes ayant peu de ressources.

Au fil des années, de ses différentes formations et de ses recherches, il a construit des ateliers et des formations à son image, multipliant ainsi les fans (c’était évident). Cependant, Noam n’est pas trop à l’aise avec le numérique. Il n’y connait rien et est trop pris par son activité. Il n’a même pas de réseaux sociaux, seulement un profil sur SuperProf, qui regorge d’avis positifs.

J’embrigade Noam

C’est pendant l’été 2020 que nous avons abordé la question d’un site internet pour son activité. Je lui ai ainsi proposé de lui offrir son site d’indépendant et de lui apprendre à le gérer. La seule idée de devoir gérer son site le faisait paniquer, mais il y avait des arguments de taille :

  • Se lancer pleinement en qualité d’indépendant après ses années de formation
  • Garder le contrôle du contenu de A à Z
  • S’affranchir des algorithmes des plateformes tierces
  • Trouver des clients autrement que par le bouche-à-oreille IRL
  • Simplifier la prise de rdv

De plus, Noam effectue beaucoup de recherches et écrit au sujet de sa pratique. Ses textes pourraient ainsi alimenter son blog professionnel au lieu de rester sur son disque dur.

Nous avons donc utilisé la solution d’Automattic pour qu’il se lance dans l’écriture et qu’il se familiarise avec l’édition sur WordPress.com. Ce fut tout un chantier, mais il a vite pris la main. Automattic n’offrant qu’une série de fonctionnalités très limitées, il y avait peu de chances qu’il se perde. J’en sais quelque chose, c’est avec eux que j’ai débuté sur WordPress. Si vous avez seulement besoin d’un blog, le plan personnel (à 18 €, avec votre nom de domaine) est très bien et ne vous posera pas de difficultés. Pour un site sans pubs, le plan à 50 € fait très bien l’affaire et va vous fournir des thèmes premium très jolis. Si, comme moi, vous êtes une tarée qui crée 10 sites par mois et est une control freak des données, il vaut mieux prendre un hébergement web et travailler avec la version libre de Worpdress.

Au bout d’un certain temps, le moment du grand saut était arrivé : il fallait autohéberger le bébé et lui créer un design sexy. J’ai donc importé le contenu et me suis occupée de cette partie. Parce que qui dit design sexy et autonomie dit auto-hébergement, c’est ainsi. On ne peut pas aller très loin avec Automattic.

Nos lubies enfin réunies

Il s’avère qu’en plus d’écrire et de trifouiller l’Internet, je dessine aussi. Je suis une bonne dessinatrice et une piètre coloriste. En ce moment, je fais une fixette sur l’aquarelle, alors j’ai transposé cette fixette sur le site du pauvre Noam.

J’ai réalisé tous les visuels sur Canva (le dieu des graphistes du dimanche et des girlboss) puis les ai intégrés au site. Le design de l’atelier du mouvement (en bannière) ne convenait pas à Noam, qui voulait que l’illustration transmette une idée de simplicité, de peu d’efforts physiques, puisqu’il s’adresse aussi à des personnes ayant des problèmes de mobilité. Heureusement qu’il m’a clarifié ce fait. Je l’ai changé et ai gardé l’illustration comme logo du site.

Noam m’ayant donné carte blanche, je voulais que tout le site soit construit autour de l’illustration, j’ai donc utilisé une intelligence artificielle de Neural Style Transfer pour son portrait. J’ai dû fouiller afin de trouver une photo convenable, c’est incroyable comme je n’ai que des photos de lui en train de faire le pitre. Il va probablement modifier celle que j’ai mise et je répèterai le processus si besoin. Et, oui, au fur et à mesure qu’il prend la main du site, il modifiera probablement le design et en fera autre chose au gré des envies, c’est le but.

De mon côté, cela m’a motivée à dégoogleliser le captcha (le système anti spam, pour les néophytes), j’ai donc pris le temps de faire quelques recherches et ai installé hCaptcha sur le site de Noam. On peut faire un transfert simple depuis Google reCaptcha, donc je prendrai le temps de le faire sur mes deux autres sites en fonctionnement. Si vous aussi êtes dans cette démarche, je vous conseille de le tester. Si vous le faites à partir de l’URL ci-dessous, vous me ferez gagner des « tokens », je ne sais pas ce que c’est ni à quoi ça sert, mais j’adore les récompenses, donc faites-le.

Après quelques tours de magie pour sécuriser le tout, le site est live. Maintenant que vous connaissez Noam, vous pouvez aller lui rendre une visite virtuelle, si le cœur vous en dit.

« Écris ta merde »

On a tous cette personne perfectionniste dans notre entourage, qui repousse les échéances et travaille d’arrache-pied afin d’obtenir un résultat impeccable. J’ai rencontré un certain nombre de perfectionnistes dans ma vie, mais jamais aucun aussi extrême que mon amie Héloïse*. Héloïse est brillante, instruite, hautement compétente dans son domaine, mais reste convaincue que si elle ne produit pas quelque chose de parfait, il est inutile de le présenter, même après des heures de travail et des nuits d’insomnie. Je vous laisse imaginer les situations catastrophiques que cela peut engendrer dans un parcours de formation universitaire où l’on vous demande de rendre des travaux sur des concepts que vous êtes en train d’apprendre à maîtriser.

De l’appréhension à l’évitement

C’est dans certains cas que se développe l’évitement pathologique des demandes, quand le ou la perfectionniste en cause est autiste. Pire encore, un domaine aimé et dans lequel la personne s’est spécialisée peut devenir un cauchemar dès que le moment de rendre des comptes à autrui se présente. Sans aller jusqu’à diagnostiquer sauvagement Héloïse -je suis beaucoup de choses, mais pas psy-, je l’ai vue, au fil des ans, paniquer de façon exponentielle au moment de rendre un travail universitaire, la panique atteignant son paroxysme avec le rendu d’un mémoire.

C’est donc à ce moment que je me suis retrouvée à lui asséner « ÉCRIS TA MERDE », injonction qu’elle a fini par écrire sur un post-it et par afficher face à son bureau, à côté d’une photo de Mélenchon qui crie.

Une philosophie anti-perfectionniste

Pour ma part, je n’ai jamais été perfectionniste. Je suis l’antithèse du perfectionnisme, sans jamais m’abaisser à complètement bâcler. J’ai le sens du détail, une vision atypique et une concentration à toute épreuve. Cela suffit pour que je m’en tire dans la plupart des situations où je dois rendre des comptes, même si quelques personnes n’ont jamais été dupes. Deux, plus exactement : ma directrice de recherches à La Sorbonne-Nouvelle et l’un de mes enseignants à La Sorbonne-Grabataire. Tous deux parvenaient très bien à cerner ma propension à la bricole, quand ils s’agissait de travailler avec des concepts qui ne me passionnaient guère mais qui s’avéraient nécessaires à un travail rigoureux. Il faut bien comprendre que j’ai toujours réussi à épater la galerie en fournissant un minimum d’effort et que j’en abusais allègrement quand cela m’arrangeait.

Héloïse et moi avons donc cheminé vers des efforts contradictoires, quand les exigences académiques ont commencé à nous dépasser : elle devait accepter de rendre quelque chose d’imparfait pour tenir les délais, tandis que je devais faire preuve de plus de rigueur dans mon travail et ralentir. Si nous n’avions pas accepté de nous remettre en question et de changer une partie de notre fonctionnement, ni elle ni moi n’aurions les diplômes ni la situation présente dont nous jouissons.

« Écris ta merde » est le condensé de ce juste milieu entre passion et renoncement quant à l’écriture : pour produire quelque chose, il faut bien commencer. Les débuts ne sont jamais glorieux, mais se lancer et coucher sur une page ce que l’on est capable de faire, à un instant T, est toujours mieux que ne rien faire. Si l’on écrit sa merde, on a de la matière à peaufiner. C’est aussi partir du principe que tout est en construction, tout le temps : même si l’on est spécialiste d’un sujet, on ne finit jamais d’apprendre et d’évoluer, qu’il s’agisse des langues vivantes ou de la technologie. En écrivant sa merde, on accepte de ne pas être un sur-homme qui produirait du premier coup une oeuvre parfaite.

Une philosophie de l’entre-aide

Héloïse et moi nous sommes entraidées dans cet apprentissage de la rigueur mitigée. On ne jugeait pas le brouillon de l’autre, on se donnait des pistes d’améliorations, on s’encourageait mutuellement grâce à nos forces distinctes. Elle fait partie des personnes avec lesquelles je forme un oxymore humain et un duo comique depuis bientôt douze ans, de par nos différences caricaturales. Cependant, l’écriture est une activité plutôt solitaire, c’est d’ailleurs probablement pour cela que je m’y suis plongée à un jeune âge, infligeant ma prose à mon chat puis aux internautes égarés sur l’un de mes blogs. Cet été, j’ai finalement osé briser l’isolement confortable de l’écriture en allant contre ma nature solitaire, en lançant un club d’écriture virtuel entre autistes et assimilés.

Pourquoi entre autistes et assimilés ? Je n’en ai aucune idée. Il s’agit de la plupart de mes lecteurs et lectrices, et ce depuis plusieurs années. Les mêmes que je retrouve à chaque fois que je décide de recréer un énième compte Twitter après avoir supprimé le précédent, considérant que j’ai « trop d’abonnés, c’est pénible ». Ce sont des femmes créatives et talentueuses, alors pourquoi pas ? J’ai proposé l’idée sur Twitter et la jauge de cinq personnes a été remplie en quelques minutes. Oups, c’était donc sérieux. Restait à définir quels outils allaient être utilisés.

Les frivolités techniques

Au départ, je me suis dit que je créerais la plateforme pour héberger l’atelier, en intégrant des outils de visioconférence et des ressources, une sorte de LMS artisanal sur le méchant blog que j’ai ENFIN auto-hébergé *applaudissements du public*. Cependant, ce système impliquait de prendre en compte les problématiques suivantes :

  • La nécessité de créer un compte utilisateur pour les participants.
  • La nécessité de se connecter à mon site pour les participants, afin d’accéder aux ressources et aux séances.
  • La nécessité pour eux de rester connectés à mon site pendant l’heure et demie que dure chaque séance.
  • Cette dernière caractéristique s’avérait contraignante pour les participants utilisant leur portable : pas de possibilité d’utiliser leur portable pendant le temps du rendez-vous. À moins de bricoler moi-même une appli. Voulais-je vraiment m’infliger autant de travail et transformer cette idée en projet tech pas du tout prévu à mon emploi du temps ?

Même si l’idée de créer ma propre plateforme pour héberger le club me tentait beaucoup, j’ai opté pour la solution de facilité pour les participants : une chaîne privée sur Telegram, avec possibilité de commenter, de participer à des sondages et de partager des fichiers. J’ai ajouté une page privée sur ce site, afin de centraliser les ressources et les exercices d’écriture, avec un compte à rebours PAS DU TOUT STRESSANT pour les dates de rendez-vous.

Les participants peuvent ainsi tout trouver en dehors de la chaîne, sur une page privée, si besoin. Pour nous retrouver, nous utilisons la fonction Salon Vocal, tout à fait adaptée aux autistes que nous sommes : en supprimant l’élément visuel, on peut poser notre regard ailleurs que sur un écran, limitant la fatigue liée aux stimulations sensorielles, auxquelles nous sommes… ehem, un tantinet sensibles.

La première séance

Nous avons eu notre premier salon vocal, après avoir envoyé nos textes, et avons écouté les textes lus par leurs auteures, puis les avons commentés ensemble. De cette première séance, je tire quelques conclusions :

  • Il y a des femmes extrêmement talentueuses dont les écrits, même sous forme de brouillon, débordent d’éléments sensoriels qui entraînent facilement le lecteur dans l’univers qu’elles ont imaginé.
  • La communication, même à distance, semble très fluide : les propos sont directs, sans passer par quatre chemins, et extrêmement bien construits.
  • Si l’on arrive à s’atteler à la tâche de perfectionnement de ce que l’on écrit, il va bien falloir en faire quelque chose, car ces textes sont trop exceptionnels pour moisir sur un disque dur.

Voilà comment j’ai embrigadé mes pairs afin de me pousser à écrire des choses un peu plus exigeantes que d’habitude. Ne nous voilons pas la face, le pragmatisme est à l’oeuvre, toujours. En fonction du temps et de l’énergie que cela demande, je renouvellerai l’expérience, car d’autres personnes souhaitaient y participer. En attendant, il y a ma chaîne publique sur Telegram, pour être prévenu en cas de nouveau club/ idée saugrenues apparue pendant mon café du matin. N’ayez crainte, les notifications sont programmées pour être silencieuses par défaut : je suis autiste, pas une psychopathe qui fait sonner votre téléphone.

*Le prénom a bien évidemment été modifié.

Actualités procrastinatrices

Les crypto-monnaies sont d’actualité, ce site n’a jamais eu autant de traffic que depuis que j’ai publié mon article sur le prix du Bitcoin et sur la fausse pertinence de celui-ci. Dans le même temps, les arnaques se multiplient et les faux bons plans aussi. Il faut assez de discernement pour s’aventurer dans ce monde sans se faire arnaquer, voire, pour décider de se lancer, malgré l’aura de criminalité qui entoure les crypto-monnaies.

L’écosystème est fatigué, en ce moment

J’aime créer des procédures pour atteindre des buts jugés impossibles, contourner les limites imposées et partager des voies d’émancipation. Il était évident que j’allais me passionner de crypto-graphie, à un moment de ma vie. Je me pose également mille questions éthiques autour de certaines pratiques et les partage ici ou ailleurs : quelles sont les conséquences de nos décisions, de nos pratiques et de nos habitudes, à une échelle plus vaste ? Je conçois le monde IRL et numérique comme un écosystème dont tous les agents sont interdépendants. Autant dire que l’état d’actuel de cet écosystème m’est plutôt déplaisant, en ce moment, pour diverses raisons que j’ai déjà évoquées. Peut-être s’agit-il de mes propres perceptions, liées à des problématiques personnelles qui me traversent, actuellement.

Productivité ? Bof

Je navigue entre plusieurs univers, je fais des aller-retours entre des cercles qui ne sont pas censés se frôler, sur Internet ou IRL. Cela donne lieu à des rencontres et à des collaborations étonnantes, riches et improbables -il suffit de parcourir le catalogue de mon éditeur pour se demander ce que mon livre vient faire parmi tout cela. Beaucoup de choses sont en train de se construire, mais étant superstitieuse, j’ai pour l’habitude d’annoncer des projets une fois qu’ils ont été achevés ou lancés. D’autant plus que ma productivité, en dehors de l’écriture, est au point mort, en ce moment. En général, quand je recommence à bloguer, c’est que je suis simplement dans l’impossibilité de faire autre chose. J’adore créer des sites, par exemple, mais j’ai une flemme monumentale à l’idée de remplir un simple Statement Of Work, c’est vous dire où j’en suis.

Les sites personnels

Cependant, j’essaie de me motiver pour faire au moins l’essentiel. Mon méchant blog et ce site auraient dû migrer sur la version libre de WordPress depuis au moins six mois, puisque je veux accéder au code pour y appliquer des designs de folies et du HTML. Le mois de juin sera-t-il le mois où la cordonnière commencera à être convenablement chaussée ? Gardez-moi dans vos prières.

Le bla-bla virtuel

Ma façon préférée de procrastiner est d’écrire, donc évidemment, je suis très prolifique, en ce moment. J’ai lancé une nouvelle rubrique sur le méchant blog, appelée Neuranatomie, pour les esprits intrépides en quête de stimulation intellectuelle.

J’ai également écrit un article pour Coinalist.io -webzine d’actualité autour des crypto-monnaies- où j’aborde la question épineuse de configurer un portefeuille pour autrui. Je parle des clés Opendime, que j’utilise et aime beaucoup. Je n’ai pas intégré de liens de marketing d’affiliation, pour le moment. La raison est simple : la plupart des liens d’affiliations sont générés par Amazon et je ne vais pas diriger les internautes vers un géant qui monopolise déjà la vente en ligne. Je ne suis pas fan d’Amazon, ni de la centralisation, vous l’avez compris.

Don’t trust, verify

De plus, intégrer un lien d’affiliation vers Amazon pour l’achat d’un dispositif de stock de crypto-monnaies détruit toute crédibilité en la matière : c’est la meilleure façon de se faire arnaquer par un faussaire qui met ses produits sur Amazon.

Si vous décidez de vous procurer les petits bijoux Opendime, n’achetez que sur le site du fabricant et vérifiez bien l’authenticité grâce au code python à son arrivée.

Si vous achetez un Ledger ou un Trezor, vérifiez bien que l’emballage n’a pas été descellé et que l’hologramme qui le scelle est conforme. Les fabricants donnent des instructions simples et claires pour vérifier l’authenticité de leurs produits, authenticité qui est fondamentale en matière de sécurité.

Je me retrouve à parler beaucoup de crypto-monnaies, dans une logique de contre-attaque face aux investisseurs du dimanche et aux charlatans de tous bords. Non, ce n’est pas anonyme, non ce n’est pas complètement décentralisé, et oui, les autorités surveillent de très près certaines adresses avec lesquelles vous n’avez pas intérêt à être connectés sur la blockchain.

Si vous voulez plus de leçons de morale et de didactique cypherpunk, vous pouvez lire mon dernier article ici :

Vous constaterez mes progrès faramineux en matière de design -rire du public. Bien évidemment, mon but inavoué, jusqu’à présent, et d’embrigader les internautes non avertis dans le culte de la personnalité de mon chat Jean-Rocco. J’y mets tout mon cœur, comme le prouve cette bannière.

The place to be

Les newsletters ne sont pas démodées, loin de là. Faites avec soin et dans les règles de l’art, elles peuvent être un outil redoutable. Cependant, je n’ai rien à vous vendre. De plus, comme cité plus haut, j’ai la flemme -la cordonnière, les chaussures, tout ça. Vous pouvez tout de même recevoir tous mes articles et nouveaux projets sur ma nouvelle chaîne Telegram.

Si vous revenez sur ce site et êtes éblouis par un design impressionnant, vous saurez que j’ai réussi à me motiver pour faire autre chose que bla-blater ; )

On writing, money, and other frivolities.

web, writing, editorial webmaster, autism

Julia March completed her first book La fille pas sympa in just nine months. “A piece of cake”, as she describes it compared to her Master’s thesis. In our interview, Julia explains why she recommends enrolling in humanities to anyone who considers a career around writing.

I got interviewed by Lisa from Ulysses, my writing tool, and now I’m probably famous. We talked about writing, learning, web-mastering, my useless assistants, money, neurodiversity, and other sins.