Julia March

Qu’est-ce que le web3 ?

Attention : cet article est nul, à la limite de l’incompréhensible et je suis en train de le retravailler. Oui, je m’en suis rendu compte récemment. C’est la vie. Bisous.

« Quelles cryptos tu me conseilles d’acheter ? », voilà la question que je reçois depuis en plus et qui me rend chèvre. Pas aussi chèvre que mes pauvres interlocuteurs, condamnés à écouter mon monologue sur d’obscurs projets qui m’enthousiasment et qui n’ont aucun intérêt monétaire pour les investisseurs. On ne voit pas les les tokens —ou ce qu’on appelle maintenant les cryptomonnaies, dérivées de ceux-ci— sous le même prisme : la valeur monétaire ou la rentabilité n’arrivent qu’après un long processus d’adoption par un certain public, des gens qui voient une utilité en ceux-ci, contribuent à développer le réseau et se voient récompensés par celui-ci. Les tokens que nous avons sur nos portefeuilles sont brûlés, ils servent à faire et à construire dans un environnement : le web3.

C’est quoi, le web3 ?

Le web3 est une série d’interfaces à travers lesquelles nous interagissons entre nous sur la blockchain. Le boum des NFTs va me simplifier l’explication : les plateformes sur lesquelles les artistes du trash postent leurs immondes créations, comme Opensea, sont des interfaces. Pour s’y connecter, on synchronise dessus notre portefeuille. Chaque action faite, validée et signée, est enregistrée sur un registre public et visible par tous, comme l’Etherscan. Si la plateforme disparaît, le registre et les métadonnées restent. Il y a des subtilités, d’accord, mais gardez ce principe en tête : si Twitter décide de supprimer votre compte, comme pour Trump, votre identité numérique de shitposter disparaît. Si Opensea décide de supprimer votre compte, votre identité numérique disparaît sur cette plateforme, mais pas sur le réseau Ethereum. Vous pouvez tout restaurer sur une autre plateforme en synchronisant simplement votre portefeuille, voire, créer vous-même la dite-plateforme. C’est le principe de la souveraineté —dont j’ai parlé ici — vous restez maître de ce que vous avez créé et avez fait.

Les principes du web3

C’est @batsoupyum, sur Twitter, qui a pondu, à mon sens, la meilleure analogie pour expliquer le web3, sur le fondement et l’histoire de Wikipedia. Les contributeurs et contributrices l’ont construite et développée par passion pour l’utilité publique qu’elle apportait, parce qu’ils croyaient en son potentiel. Ils travaillent d’arrache-pied et mettent leurs compétences au service de ce projet sans rétribution. Il y a aussi un sens de la communauté et des dynamiques propres au fait d’être dans un projet novateur et encore méconnu, mais révolutionnaire.

De mon côté, j’ai toujours fait l’analogie dans mon esprit avec le projet WordPress, notamment avec l’équipe de traduction.

Que se passerait-il si les internautes pouvaient se plonger dans un projet qui leur tient à cœur et être rétribués, individuellement et collectivement, pour leur talent et leur excellent travail ? C’est pour cela qu’on parle de l’internet de la valeur, avec le web3. Il faut des tokens pour entrer dans le club, et l’on gagne des tokens en réalisant certaines actions, selon le projet et les règles qui s’y appliquent. Cela récompense les gens qui font, qui créent, qui contribuent réellement.

La fin du charlatanisme virtuel ?

On connaît tous des gens qui s’attribuent des mérites en pillant le labeur d’autrui : c’est le collègue qui vous exploite et vous fait travailler pour lui, puis va utiliser votre travail pour se mettre en avant lors de son évaluation annuelle. Sur le web2, on connaît l’épidémie des « influenceurs », qui n’influencent pas grand monde, en réalité, vu que leur audience est principalement composée de dizaines de milliers de bots qui vont faire gonfler leurs stats artificiellement, spammer les plateformes et leur donner une fausse autorité sur un sujet donné. On connaît aussi les fameux « créateurs » de contenu experts du copier-coller, que j’ai évoqués ici.

Le web3, lui, se fonde sur la sacro-sainte prook of work, enregistrée sur un registre public et consultable par n’importe qui.

La proof of work comme concept philosophique

Ma perspective est que la proof of work est plus qu’une considération technique de la cryptographie, mais qu’elle constitue l’un des principes philosophiques de notre civilisation au XXIᵉ siècle, sur lequel l’avenir est en train de se construire. Elle repose sur la transparence et résiste aux injonctions, aux manipulations de l’information et aux faux-semblants. La proof of work sonne la fin des charlatans, des profiteurs et des opportunistes, au profit des gens compétents et engagés virtuellement.

Oh, bien sûr, il y a l’histoire des pilleurs d’art qui en font des NFTs. On entrera peut-être dans les détails une prochaine fois. Sachez simplement qu’un NFT n’est pas que de l’art, mais que la spéculation sur l’art a toujours attiré en masse des gens ayant un grand besoin de blanchir de l’argent vite et facilement. L’art sous forme de NFT n’en est pas exempte. Mon idée est que les discours dénonçant les NFTs constituent plus une dénonciation de la spéculation sur l’art qu’autre chose. C’est un tout autre débat.

Quels projets ?

Même si nous n’en sommes qu’aux balbutiements du web3, il y a une myriade de projets en construction dans lesquels se plonger. Si votre seule motivation est la volonté de devenir millionnaire très vite, sans autre talent ou passion à votre actif, je suis au regret de vous annoncer que vous n’aurez pas les capacités de reconnaître le potentiel du projet susceptible de réaliser votre rêve.

Je ne pourrais pas vous faire la liste de tous les projets, mais je peux vous dire, en novembre 2021, ceux dans lesquels je suis impliquée et auxquels je participe régulièrement :

Tezos Domains ($XTZ)

Rien de plus que la création et l’enregistrement de noms de domaines sur le réseau Tezos. Si vous me suivez sur Twitter, vous savez que je troll notre bien-aimé Jean-Michel Blanquer par ce biais. Je suis accro à l’achat de noms de domaines, que voulez-vous.

objkt ($XTZ)

C’est l’interface que j’utilise pour mint les bannières de blog kitsch que je crée pour mon blog ou pour les sites d’autrui. Les jpeg et gifs ne sont pas hébergés sur la blockchain, attention : je crée un certificat d’origine sur la blockchain. J’utilisais hic et nunc avant, mais le développeur a décidé de fermer le site. Pas d’inquiétude, je me suis simplement synchronisée à une autre interface. Les sites servent simplement à rendre lisibles à l’oeil humain les métadonnées hébergées sur la blockchain.

Rarible ($RARI)

Je me suis amusée à y héberger les gifs ultra moches de mes chats que je crée moi-même. Le problème, c’est que le token circule sur le réseau Ethereum et que, depuis quelques mois, celui-ci est saturé. Les gas fees — de l’Ethereum qu’on brûle pour chaque action qu’on réalise sur le réseau— sont donc très élevées. Ayant vendu une grosse partie de mon Ethereum en mai 2021 (JE NE REGRETTE RIEN), j’ai migré ailleurs en attendant que la hype redescende, éventuellement.

ONTology ($ONT)

Mon chouchou. Une blockchain pour la décentralisation de l’identité et des données, dont les différents usages sont prometteurs. Elle présente de multiples solutions pour l’hébergement de données à un coût réduit sans compromettre la sécurité, grâce au système d’attestation, par exemple. J’ai déjà eu l’occasion de discuter avec Humpty Calderon sur ClubHouse et Twitter au sujet des implications éthiques et philosophiques de la construction d’algorithmes. Leur DAO est composé de gens qui prennent en compte ce genre de questions et qui refusent de répéter les erreurs du web2. J’ai relié mes réseaux sociaux à mon identité virtuellegrâce à leur wallet. Leur projet est discret, ne semble pas faire de bruit pour le moment, mais risque de devenir fondateur dans l’avenir de l’internet.

Session ($OXEN)

Une appli de messagerie qui utilise le protocole de Signal et le Perfect Forward Secrecy (PFS). Si vous voulez vous initier au partage d’échange de clés de chiffrement pour communiquer, je vous encourage à télécharger l’appli et à tester. Vous pouvez même me demander ma clé de chiffrement et discuter avec moi, je crée des clés de chiffrement uniques et jetables à cet effet.

Premier message historique de mon petit frère, quand je lui ai montré comment utiliser Session.

Cette liste ne constitue pas un conseil pour investir, je vous vois venir. C’est une liste d’outils. Je vous liste ici les réseaux sur lesquels je suis active, sans plus. Il y a encore beaucoup de choses et d’outils en construction, et je ne peux que vous répéter ce que vous lirez partout, à ce sujet : DYOW (Do Your Own Research).

Si vous aussi êtes dans des projets du web3 et êtes passionnés par celui-ci, parlez-m’en dans les commentaires !

[Edit au 13/11/2021] J’oubliais !!! J’ai commencé à créer des certificats d’origine sur La Fille Pas Sympa avec @WordProofio ($EOS). C’est au stade expérimental, je ne connais rien à leur projet, le plug in était simplement disponible et je dois encore créer mon propre contrat.

Pourquoi le prix du Bitcoin n’a aucune importance

La cryptosphère s’est enflammée, la semaine dernière, suite à l’annonce faite par Elon Musk : Tesla cesse d’accepter le Bitcoin, sous prétexte de questions environnementales. Les défenseurs du Bitcoin se sont insurgés, des tweets condescendants et passif-agressifs ont été échangés entre tech-bros, c’était chaotique, c’était le cirque, c’était beau.

Une question secondaire d’un point de vue technique.

Ce post n’a pas pour vocation d’essayer d’élucider les motivations de Musk, pour la simple raison que l’on confère au personnage plus d’importance qu’il n’en a réellement. Ce post explique pourquoi, d’un point de vue technique, la valeur du Bitcoin en dollars/ euros n’est que secondaire, tel qu’il a été conçu. Il s’adresse à un public curieux, qui n’a aucune connaissance en la matière.

Gérard veut acheter un gode géant

Imaginons que Gérard veuille acheter un gode géant. Il va donc sur gode géant point com, une coquette boutique en ligne où il pourra trouver son bonheur, un gode géant pour la modique somme de 90 $. Gérard n’a pas trop envie que sa banque suive à la trace sa consommation, notamment concernant cet achat délicat : les rendez-vous avec son conseiller bancaire risquent de s’avérer… gênants. Le saviez-vous ? Votre relevé bancaire dresse un portrait-robot très pertinent de votre personnalité, vos passe-temps, vos habitudes de consommation. De plus, Gérard a regardé le dernier Cash Investigation sur la mane que représentent les données d’utilisateurs, et n’a pas envie d’être le dindon de la farce.

Cependant, Ô bonheur, gode géant point com accepte le Bitcoin ! Gérard sort donc sa carte de débit et achète pour 100 $ de Bitcoin, sur une plateforme d’échanges. Sa banque saura donc qu’il a acheté de la crypto-monnaie, mais ne saura pas laquelle, ni ce qu’il en fera. Une fois son achat de Bitcoin effectué, il retourne sur la boutique en ligne et ajoute le gode géant dans son panier, note son adresse, puis clique sur « payer » puis sur « Payer en Bitcoin ». Un message avec l’adresse du portefeuille Bitcoin de la boutique s’affiche alors. Gérard envoie la somme et attend que la transaction soit confirmée. Quelques minutes plus tard, un message s’affiche sur son écran, lui confirmant sa commande et une date de livraison pour son gode géant. Gérard est content.

Le « prix » du Bitcoin n’a pas de sens

Dans ce cas concret, Gérard a effectué ses transactions en quelques minutes, le prix du Bitcoin a eu peu de probabilités de chuter radicalement. Qu’il vaille 1 ou 100 000 $, il n’en a acheté que pour 100 $ et en a dépensé 90, plus 5 $ pour les frais de réseaux, l’histoire s’arrête là. C’est le but premier du Bitcoin : permettre à deux personnes d’effectuer des transactions sécurisées, confidentielles, et sans intermédiaires. Gérard peut décider de récupérer les 5 $ restant en les convertissant à nouveau, ou les laisser sur son portefeuille et oublier. Ô, surprise, dix ans plus tard, par un effet de bulle spéculative, ces 5 $ ont été multipliés par mille ! Gérard peut donc acheter plein d’autres godes géants, en toute impunité. À condition de ne pas avoir oublié ses identifiants de portefeuille, entre autres.

La différence entre utilisation et capitalisation

Gérard s’est retrouvé avec un portefeuille d’une valeur de 5 000 $ par accident, il n’a pas fait exprès de tirer un profit financier du Bitcoin : il était tellement content de son achat qu’il en a oublié la petite monnaie restante sur son portefeuille de Bitcoin. Croyez-le ou non, c’est ainsi que les premiers utilisateurs du Bitcoin sont devenus riches : par accident. Les plus gros portefeuilles sur la blockchain – le réseau sur lequel est hébergé le Bitcoin, visible par tous – n’affichent plus de transactions depuis environ dix ans, ce qui veut probablement dire que leurs propriétaires ont perdu l’accès. Si Gérard a laissé son argent sur la plateforme d’échange, il y a de grandes chances pour qu’elle ait fermé, emportant avec elle son portefeuille, ou que son compte se fasse hacker et vider entre-temps. C’est dommage, mais peu importe : Gérard n’avait pas mis les économies de toute une vie dans le Bitcoin.

Pour ceux qui ont investi dans le Bitcoin, en espérant des gains faramineux, les dernières déclarations d’Elon Musk sont un coup dur. Voir la valeur de son portefeuille se diviser par deux pour la première fois, ça fout les boules, mais ça forge aussi le caractère.

Les quatre grands principes du Bitcoin

Cependant, pas besoin d’être un trader pour utiliser le Bitcoin : je paie en Bitcoin dès qu’un commerce le propose. « Mais Julia, c’est de la folie, tu paies EN BITCOIN ??? C’EST DE L’OR NUMÉRIQUE !!! ». Non, ce n’est pas de la folie : c’est une technologie révolutionnaire, un système de transaction qui émancipe l’individu du système bancaire, et qui repose sur quatre principes :

  1. Le pseudonyme : votre identité, c’est votre adresse Bitcoin. Il n’est pas nécessaire de révéler son identité civile pour effectuer des transactions. Gérard aurait pu mettre un faux nom et une boîte postale pour recevoir son colis. Le commerçant n’aura pas l’identité liée à sa carte de débit.
  2. La décentralisation : chaque utilisateur possède une copie de l’historique des transactions. Quand deux personnes se révèlent mutuellement leurs adresses, on peut consulter toutes ses transactions. C’est pour cela que Satoshi Nakamoto – le créateur du Bitcoin – préconisait de n’utiliser qu’une adresse par transaction, par souci de confidentialité. On peut en créer autant qu’on veut. Ainsi, le réseau et le vendeur peuvent vérifier que la somme exacte a été envoyée, sans risquer la fraude.
  3. L’immuabilité : Il est impossible qu’un utilisateur modifie le réseau de transaction en sa faveur. Si Gérard envoie la somme, il ne peut pas la récupérer, ce qui évite au commerçant le fameux chargeback liées aux transactions à haut risque. Gérard ne pourra pas regretter et dire à sa banque qu’il s’agit d’une utilisation frauduleuse de sa carte, car : il n’y a pas de banque. Ce qui nous amène ou dernier point :
  4. La méfiance : les utilisateurs du Bitcoin sont leurs propres banques et n’ont besoin d’aucune institution pour s’assurer que la transaction a été effectuée et enregistrée par le réseau.

Vous l’aurez compris, être sa propre banque implique également un grand degré de responsabilité. Si vous perdez la phrase vous permettant d’avoir accès à votre portefeuille, vous perdez votre argent. Si vous le confiez à un tiers – une plateforme d’échange – vous risquez également de tout perdre en vous faisant hacker, si la plateforme ferme et disparaît du jour au lendemain, ou encore, si la plateforme décide de bloquer votre compte pour X raisons. Voilà pourquoi Gérard a tout intérêt à laisser la petite monnaie dans un portefeuille qu’il possède, et de garder le mot de passe en lieu sûr.

La ruée vers l’or numérique et les désillusions des magnats de la finance

Elon Musk n’a pas pu mettre la main sur la blockchain, car personne ne le peut. Il s’agit d’un fonctionnement communautaire, mais il n’est pas le premier à vouloir s’ériger en parrain d’un énième truc un peu fou. Même Tesla ne comprend pas pourquoi il s’acharne à vouloir se définir comme le fondateur de l’entreprise. Dans la même veine, les tradeurs du dimanche qui ont fleuri autour du Bitcoin, à coup de vidéos Youtube et de cours payants, ne sont pas les premiers à se casser les dents face au cours spéculatif du Bitcoin. On note une confusion avec l’investissement en bourse, là où la blockchain a été conçue pour permettre à des personnes d’effectuer des transactions loin des yeux de la finance. C’est ballot. Effectivement, plus son utilisation est généralisée, plus le Bitcoin risque de prendre de la valeur, d’autant plus que sa quantité est limitée, contrairement au fiat – l’argent relié à un pays, qui peut être créé à l’infini.

Les utilisateurs aguerris du Bitcoin ne vouent pas un culte à Musk, contrairement aux day trader du dimanche. C’est dur pour l’ego, mais encore une fois, cela forge le caractère. Se heurter aux cypherpunks, quand on a l’habitude d’être brossé dans le sens du poil et érigé en Pape, c’est dur. Je suis presque tentée de compatir – presque.

Un outil politique

Comme tout outil, la blockchain devient ce qu’on en fait. Vous êtes une association ou un collectif qui s’est fait éjecter d’un processeur de paiement en raison de politiques discriminatoires ? Vous souhaitez faire des dons à une association ou à un mouvement politique sans que cela apparaisse sur votre relevé bancaire, en préservant votre identité civile ? L’argent est le nerf de la guerre et le Bitcoin peut être une bonne solution. Il existe des moyens d’accepter directement du Bitcoin depuis son site internet, qui vous garantissent l’anonymat, même sur la blockchain. Les convertir en euros ou en dollars est relativement rapide, mais vous pouvez également les utiliser directement auprès de prestataires les acceptant comme moyen de paiement, comme Gérard. Si vous avez besoin de conseils dans ce sens, n’hésitez pas à utiliser le formulaire de contact sur ce site, je le fais gratuitement pour des organisations et des causes que je soutiens personnellement.

Si je ne vous soutiens pas, vous n’aurez rien, même en me payant grassement 🙂

Edit au 19/05/2021 : Venmo bloque des virements faisant mention de soutien à la Palestine.

Edit au 2/06/2021 : PayPal suspend le compte vieux de 20 ans de Larry Brandt, défenseur de la liberté numérique.

Des ressources pour aller plus loin (en anglais) :

How Bitcoin works in 5 minutes

Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System

The Untold Story of Silk Road, Part 1