Julia March

Cool, pas cool, trouvailles #1

J’ai décidé de tenir un journal de bord pro plus régulier, à l’instar de Julie Brillet, histoire de ne pas me noyer dans le « faire » et documenter, prendre du recul et, tout simplement, poser mon cerveau.

Évidemment, dès que je décide d’être régulière sur un blog, je cesse immédiatement de l’être. Apparemment, mon allergie à la contrainte est tenace, j’aurai le temps de me pencher dessus plus longuement sur un quelconque divan, à l’occasion (non, probablement pas).

Ce qui a commencé comme un site tech amateur risque de se transformer en journal de bord professionnel, pour de vrai de vrai, car…

Cool

Je commencerai cet été à travailler chez un cloud provider. Je n’ai pas envie d’en dire plus avant d’y avoir travaillé quelque temps. Le processus de recrutement donnait envie d’y travailler, je me suis sentie comme un poisson dans l’eau (ce qui est rare). C’est Ratzilla qui m’en a parlé et m’a suggéré de les contacter. Effectivement, en faisant quelques recherches, j’ai compris pourquoi.

J’ai commencé à créer mon premier thème WordPress. Enfin, créer. J’ai fait un child theme, quoi. Mais, je me suis bien cassé la tête à le customiser directement dans l’éditeur de code, je n’y comprenais RIEN (comme d’hab), mais suis sortie victorieuse. Figurez-vous que la syntaxe du Javascript est différente quand elle s’insère dans du php. Ou un truc dans le genre. Ben voyons. Toujours à faire son intéressant, lui.

Bien sûr, j’ai commencé à travailler directement sur le thème parent, comme je suis une dégénérée (toutefois je tiens des blogs, pas des sites qui se monétisent à des milliers d’euros par heure, donc ça va). Je dois maintenant passer par des moyens détournés pour importer mes fichiers sur GitHub, ce qui risque d’être drôle. More on that later.

Par ailleurs, j’ai fini la première partie d’une série d’articles autour de l’OpSec pour les développeurs (novices) crypto, qui s’intègrent à des projets en cours ou veulent s’intégrer dans l’écosystème. Parce que, soyons honnêtes, les vétérans sont plus ou moins rodés à la question (je l’espère). Cependant…

Pas cool

… j’ai souvent écrit sur l’OpSec, ces derniers temps, et cela commence à me déprimer. Suivre les technologies de tracking, chose que je fais assidûment depuis deux ans, devient pénible. Cela me blase, mais d’une force.

Je n’ai pas encore écrit la suite de Cauchemar Montagnard, alors que j’en ai envie, mais pas le temps d’avoir le temps.

Les trouvailles

Blacklight, un site qui permet d’inspecter de façon simple les sites qui collectent et transfèrent des données. C’est intuitif et rapide, surtout pour les personnes qui ne savent pas / refusent de s’embêter à apprendre comment inspecter le code source d’un site.

J’ai examiné les miens, on ne sait jamais, un plugin qui part en latte, par exemple, mais tout était clean. Bravo moi.

Le site de Noam

J’ai connu Noam à travers des amis communs et l’on est très vite devenus proches, de par nos affinités et notre perplexité perpétuelle face à la vie. Depuis quelques années, il pratique différentes techniques de yoga et de massages, domaine qui, pour tout vous dire, ne m’a jamais intéressé. Curieuse, j’ai assisté à ses cours de yoga, j’ai découvert le professeur en lui, sa rigueur, son approche unique et, surtout, sa volonté de rendre accessible des pratiques jugées difficiles. C’est sur ce point que nous nous accordions parfaitement.

Un dilemme autistique

Ce n’est que poussée par le désespoir, cependant, que je me suis échouée sur sa table de massage, après avoir passé une semaine à traîner un mal de dos tenace. Rien n’y faisait. J’étais professeur néo-titulaire à ce moment, avec des heures supplémentaires, un voyage scolaire à gérer pour une classe et d’autres préoccupations professionnelles que le devoir de réserve m’astreint à ne pas divulguer (ce n’est pas très intéressant, de toute façon). Autant dire que ce mal de dos me pourrissait la vie, par-dessus le marché. Je n’ai pas été loin de sortir aux 3e qu’il ne « faut pas commencer à jouer avec mes couilles », pendant cette semaine maudite.

Problème : je suis autiste. Il y a une multitude d’avantages à cela, mais l’un des inconvénients est que je déteste que l’on me touche. Un jour, une collègue adorable m’a touché le bras pour me dire bonjour, j’ai failli exercer mon droit de retrait sur-le-champs.

J’ai bien essayé, les massages. Ma colocataire argentine se formait au massage, quand j’habitais en Espagne et a vainement tenté de m’utiliser comme cobaye. « Comment peux-tu être encore plus tendue qu’avant que je te masse ?! », s’exclamait-elle, exaspérée, alors que ses autres cobayes vantaient ses talents de masseuse. Mais, j’étais moi-même exaspérée, quand j’ai franchi le seuil de Noam en 2018. Je capitulais, qu’on me masse ou qu’on m’ampute le dos, à ce stade, je n’en avais que faire.

Là, quelque chose s’est passé. Je ne saurais pas vous dire ce qu’il a fait, exactement. Je sais seulement qu’il a réussi à détendre tout mon dos et qu’en me relevant, la douleur était partie. Peut-être reviendrait-elle une fois la chaleur du massage estompée ? Que nenni.

La construction d’une réputation

En discutant avec mon entourage, j’ai pu constater que je n’étais pas la seule, que beaucoup de gens présentant les mêmes problématiques liées au contact physique, des handicaps ou des douleurs chroniques, avaient recours à lui. Il pratiquait le prix libre et même le troc, aussi bien pour ses massages que pour ces cours de yoga, ce qui rendait le tout accessible aux personnes ayant peu de ressources.

Au fil des années, de ses différentes formations et de ses recherches, il a construit des ateliers et des formations à son image, multipliant ainsi les fans (c’était évident). Cependant, Noam n’est pas trop à l’aise avec le numérique. Il n’y connait rien et est trop pris par son activité. Il n’a même pas de réseaux sociaux, seulement un profil sur SuperProf, qui regorge d’avis positifs.

J’embrigade Noam

C’est pendant l’été 2020 que nous avons abordé la question d’un site internet pour son activité. Je lui ai ainsi proposé de lui offrir son site d’indépendant et de lui apprendre à le gérer. La seule idée de devoir gérer son site le faisait paniquer, mais il y avait des arguments de taille :

  • Se lancer pleinement en qualité d’indépendant après ses années de formation
  • Garder le contrôle du contenu de A à Z
  • S’affranchir des algorithmes des plateformes tierces
  • Trouver des clients autrement que par le bouche-à-oreille IRL
  • Simplifier la prise de rdv

De plus, Noam effectue beaucoup de recherches et écrit au sujet de sa pratique. Ses textes pourraient ainsi alimenter son blog professionnel au lieu de rester sur son disque dur.

Nous avons donc utilisé la solution d’Automattic pour qu’il se lance dans l’écriture et qu’il se familiarise avec l’édition sur WordPress.com. Ce fut tout un chantier, mais il a vite pris la main. Automattic n’offrant qu’une série de fonctionnalités très limitées, il y avait peu de chances qu’il se perde. J’en sais quelque chose, c’est avec eux que j’ai débuté sur WordPress. Si vous avez seulement besoin d’un blog, le plan personnel (à 18 €, avec votre nom de domaine) est très bien et ne vous posera pas de difficultés. Pour un site sans pubs, le plan à 50 € fait très bien l’affaire et va vous fournir des thèmes premium très jolis. Si, comme moi, vous êtes une tarée qui crée 10 sites par mois et est une control freak des données, il vaut mieux prendre un hébergement web et travailler avec la version libre de Worpdress.

Au bout d’un certain temps, le moment du grand saut était arrivé : il fallait autohéberger le bébé et lui créer un design sexy. J’ai donc importé le contenu et me suis occupée de cette partie. Parce que qui dit design sexy et autonomie dit auto-hébergement, c’est ainsi. On ne peut pas aller très loin avec Automattic.

Nos lubies enfin réunies

Il s’avère qu’en plus d’écrire et de trifouiller l’Internet, je dessine aussi. Je suis une bonne dessinatrice et une piètre coloriste. En ce moment, je fais une fixette sur l’aquarelle, alors j’ai transposé cette fixette sur le site du pauvre Noam.

J’ai réalisé tous les visuels sur Canva (le dieu des graphistes du dimanche et des girlboss) puis les ai intégrés au site. Le design de l’atelier du mouvement (en bannière) ne convenait pas à Noam, qui voulait que l’illustration transmette une idée de simplicité, de peu d’efforts physiques, puisqu’il s’adresse aussi à des personnes ayant des problèmes de mobilité. Heureusement qu’il m’a clarifié ce fait. Je l’ai changé et ai gardé l’illustration comme logo du site.

Noam m’ayant donné carte blanche, je voulais que tout le site soit construit autour de l’illustration, j’ai donc utilisé une intelligence artificielle de Neural Style Transfer pour son portrait. J’ai dû fouiller afin de trouver une photo convenable, c’est incroyable comme je n’ai que des photos de lui en train de faire le pitre. Il va probablement modifier celle que j’ai mise et je répèterai le processus si besoin. Et, oui, au fur et à mesure qu’il prend la main du site, il modifiera probablement le design et en fera autre chose au gré des envies, c’est le but.

De mon côté, cela m’a motivée à dégoogleliser le captcha (le système anti spam, pour les néophytes), j’ai donc pris le temps de faire quelques recherches et ai installé hCaptcha sur le site de Noam. On peut faire un transfert simple depuis Google reCaptcha, donc je prendrai le temps de le faire sur mes deux autres sites en fonctionnement. Si vous aussi êtes dans cette démarche, je vous conseille de le tester. Si vous le faites à partir de l’URL ci-dessous, vous me ferez gagner des « tokens », je ne sais pas ce que c’est ni à quoi ça sert, mais j’adore les récompenses, donc faites-le.

Après quelques tours de magie pour sécuriser le tout, le site est live. Maintenant que vous connaissez Noam, vous pouvez aller lui rendre une visite virtuelle, si le cœur vous en dit.